Merci Calepin !
"Je fus alors saisi d'une certitude terrible.
Aussi longtemps que je vivrais,
je ne voulais pas être plus heureux que maintenant.
Je ne voulais aspirer qu'à une chose :
tenter de préserver ce bonheur précieusement aussi longtemps que possible.
Car j'étais effrayé par ce que je ressentais.
Si la quantité de bonheur attribué à chacun d'entre nous est limité, alors j'étais peut-être en train de dépenser la part de toute ma vie.
Un jour viendrait où l'envoyé ramènerait Aki vers la Lune.
Il me resterait alors un temps interminable à vivre,
presque aussi long que l'immortalité."
C'est curieux cette attirance que je peux avoir pour les livres tristes, ceux qui vous font pleurer, ceux qui vous prennent aux tripes, ceux qui font ressortir vos peurs les plus profondes... Avant de commencer ce roman, je savais plus ou moins à quoi m'attendre au vu des nombreux billets que j'avais pu lire à son sujet, je savais que c'était un roman à fort potentiel lacrymal mais qu'importe ! J'ai lu ce livre il y a plus d'un mois et son histoire est encore très présente dans ma mémoire, c'est un livre qui marque, de ceux qu'on n'oublie pas, de ceux qu'on conseille, de ceux qu'on aime offrir. C'est un livre bouleversant, très beau, comme son titre, magnifique...
Aki et Sakutaro se sont rencontrés au collège. Très vite, leur amitié a fait place à l'amour, un amour pur, tendre, fort, aussi fort que peuvent l'être les amours adolescentes... Un amour brisé par la maladie qui emportera Aki en quelques semaines seulement. Difficile de résumer un tel roman... Dès les premières lignes, le lecteur connaît l'issue de l'histoire, Aki est morte, à 17 ans, laissant derrière elle Sakutaro et sa douleur. Comment continuer à vivre sans l'être aimé ? Sakutaro se souvient : sa rencontre avec Aki, leur amitié d'abord, leurs discussions interminables, la naissance de leur amour, leur premier baiser, leurs escapades amoureuses, leurs rires, leur désir avorté de se rendre ensemble en Australie... Souvenirs, flash backs, la courte histoire d'Aki et Sakutaro défile sous nos yeux embués.
J'ai adoré ce livre. Sa force réside essentiellement dans sa construction : Sakutaro raconte, à travers son récit, on découvre son histoire avec Aki, on revit avec lui les prémisses de leur amour, la maladie, la fin inéluctable. On sait, et pourtant... l'annonce de la maladie est un choc. L'écriture est magnifique, poétique et pudique, tout ce que j'aime. Sensible, émouvant, oui, mais ce roman est bien plus que cela encore. J'ai particulièrement apprécié la relation qui unit Sakutaro à son grand-père, leurs deux histoires se répondent, se mêlent, le deuil de l'un réveille les souvenirs de l'autre, entraîne les confidences, dévoile les secrets... Une très belle histoire d'amour, un très beau livre vraiment...
Les avis de Stephie, Mimienco, Liyah, Marie, Karine, Sandrine, Abeille, Kikine, Dolly, Lancellau, Dan...
Premières phrases : "Le matin, lorsque j'ai ouvert les yeux, je pleurais. Il en allait tous les jours ainsi. Je n'aurais même pas su dire si c'était de la tristesse. Les larmes emportaient tous mes sentiments avec elles."
Au hasard des pages : "- Je m'aperçois à l'instant d'une chose importante.
- Quoi donc ? dit-elle d'un air las en détournant le regard de la fenêtre.
- Ton anniversaire tombe le 17 décembre.
- Oui, et le tien le 24 décembre.
- Justement, depuis le jour de ma naissance, il ne s'est pas écoulé une seconde sans que tu sois là.
- Certes.
- Le monde dans lequel je suis né était un monde où tu existais déjà.
Elle fronça les sourcils d'un air perplexe. J'ai continué :
- Je ne sais pas ce que c'est qu'un monde où tu n'existes pas. Je ne sais même pas si un tel monde peut exister.
- Je ne vois pas le problème. Si je disparais, le monde ne s'arrêtera pas de tourner.
- Tu ne peux pas comprendre." (p. 161)
Éditions Le Livre de Poche (Mars 2008)
Collection Biblio Romans
221 p.
Traduit du japonais par Vincent Brochard
Première participation au challenge Amoureux
organisé par l'Irrégulière
Catégorie Histoire d'amour qui finit mal...
Liste des participants et des billets ICI