Présentation

Qui suis-je ?

  • Noukette
  • Lectrice par passion, j'ai la chance de vivre au milieu des livres et d'en avoir fait mon métier..! Je lis debout, couchée, en marchant, dans le métro, pour moi, pour mes enfants, pour mes élèves...
  • La bibliothèque de Noukette

Wikio - Top des blogs - Littérature

Chut, je lis...

Du-domaine-des-murmures.jpg

J'y participe...

challengealbumbig1.png

Challenge amoureux saison2

 

logo BD Mango rouge

Logo-Top-bd-2012-copie-1

Roarrr challenge

Jeudi-citation.gif

Ronde des Livres

Un-mot-des-titres

Mardi c'est permis

Challenge Thriller

Rentrée littéraire 2011

Defi-Premier-Roman.jpg

Là où je me promène...

Pssttt... !!

blog-nourrit-commentaires-L-1.jpeg

Moteur blogs de lecture

Moteur blogs lecture

Merci Calepin !

Rechercher

Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 08:00

Insurrections singulières

Antoine est à la croisée de chemins, à l'heure des doutes et des remises en question. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, il a toujours voulu partir, s'enfuir loin. Vie étriquée, désirs limités, ce monde trop petit n'est pas le sien... Fils d'ouvriers, Antoine s'est toujours senti en décalage, y compris à la faculté où il a suivi des études pour faire plaisir à ses parents : au fond, il avait toujours su qu'il suivrait les traces de son père. A "Lusine" comme il l'appelle, Antoine est encore et toujours à la recherche de sa vraie place mais sa rencontre avec Karima va marquer un premier tournant dans sa vie. Karima est prof de lettres, amoureuse des mots et pour lui plaire Antoine s'invente un autre lui-même. A défaut des mots d'amour qu'elle attend et qu'elle espère, Antoine écrit des phrases de lutte et se prend au jeu du militantisme syndical, osant même les prises de paroles devant ses compagnons de galère. La voix se fait rageuse et Karima s'éloigne...

 

Au début du roman, Antoine est revenu à la case départ, Karima est partie et tout est à refaire, à réinventer, à reconstruire. En RTT forcées à l'heure des relocalisations, Antoine revient chez ses parents et se retrouve face à ses vieux démons. Il devient urgent de fuir, il faut prendre un nouveau départ, s'appartenir enfin. Puisque l'usine délocalise ses ateliers au Brésil, c'est là-bas qu'il ira, pour essayer de comprendre, et peut-être trouver enfin sa place dans le monde...

 

Ce livre est un vrai cadeau. Pour être honnête, s'il n'avait pas été écrit par Jeanne Benameur, je ne l'aurais probablement jamais ouvert. J'avais peur que le propos politique et engagé m'éloigne de l'histoire individuelle, je ne pensais pas pouvoir m'attacher à Antoine, lui et moi n'avons rien en commun, et pourtant... Encore une fois, Jeanne Benameur a su m'embarquer dans son histoire et ce dès les premières pages, dès les premiers mots. Antoine se cherche, s'interroge et on l'accompagne dans son cheminement intérieur. Avec justesse et simplicité, Jeanne Benameur trouve les mots pour parler à chacun de nous, à notre part la plus intime, la plus secrète, et elle le fait avec un grand talent. L'amitié qui lie Antoine à Marcel, le bouquiniste passionné, m'a profondément touchée. Teintée de respect, sincère et forte, elle sera une des clés de sa renaissance. Il lui transmet l'amour des mots, l'amour des livres, lui ouvre les portes d'un monde dont il se sentait exclu, le fait se sentir libre, vivrant, vivant. Doucement, Antoine fait sa révolution. Car c'est bien de cela dont il est question ici : si Antoine entre en révolte, c'est bien plus vis à vis de lui même que vers un quelconque pouvoir en place...

 

J'ai dégusté ce livre, je l'ai savouré, retardant le moment de le refermer. Cette auteure a un don, la langue est riche, soignée, précise, les mots coulent, la poésie est partout et surtout là ou on ne l'attend pas. Dire que je suis sous le charme serait un euphémisme : la plume de Jeanne Benameur est de toute beauté, d'une incroyable justesse. Longtemps elle résonne en nous...

 

Premières phrases : "Il y a longtemps, j'ai voulu partir. Ce soir, je suis assis sur les marches du perron. Dans mon dos, la maison de mon enfance, un pavillon de banlieue surmonté d'une girouette en forme de voilier, la seule originalité de la rue. Je regarde la nuit venir."

 

Au hasard des pages : "Le monde que je vis aujourd'hui n'est pas le monde. Le vrai monde, c'est celui que je pressentais quand j'étais petit et il était immense. C'est le monde que j'ai dans les mains quand je roule à moto, quand je caressais le corps de Karima, quand je touche les livres rares, quand mes mains au fond de mes poches rêvent et que j'ai les yeux levés vers le ciel ou vers une fenêtre éclairée. Il est là, le monde. Je le sais. Je l'ai toujours su. Et tout le reste, c'est pour faire comme les autres. Pour pas avoir l'air trop fou. Pour faire l'homme qui gagne sa croûte et qui n'emmerde personne. Du vent, oui. Du vent. Du mauvais vent. Celui qui te retient au port toute ta putain de vie et qui se lève le jour où t'es trop vieux pour monter la voile. Merde." (p. 66-67)

 

Les avis de Géraldine, Bellesahi, NoryaneLibouli.

 

Éditions Actes sud (Janvier 2011)

197 p.

 

Livre lu dans le cadre des Chronique de la rentree litteraire

Un grand merci à Abeline...

Par Noukette - Publié dans : Littérature française
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés