Merci Calepin !
C'est terrible, cette fois, c'est vraiment la fin !
J'ai pris un plaisir fou à suivre l'histoire d'Emmi et de Léo, je me suis attachée à eux, et j'ai eu beaucoup de mal à les quitter ! Il y a quelques jours, je découvrais enfin Quand souffle le vent du Nord qui avait rendu hystérique une grande partie de la
blogosphère féminine l'année dernière. Finalement, aucun regret, j'ai pu enchaîner dans la foulée le second tome, j'avoue que je me demande encore comment j'aurais pu attendre si longtemps pour
connaître la suite ! La fin du premier tome m'avait littéralement laissée sans voix, complètement exsangue et frustrée ! La suite m'a comblée, même si je lui dois une nuit très courte...
Léo est parti, aucun signe de vie depuis des mois... A chacun de ses mails, Emmi reçoit invariablement la même réponse : l'adresse mail a été modifiée, le destinataire ne peut plus recevoir de mail sur cette boite. Jusqu'au jour où après plusieurs réponses automatiques, Emmi reçoit un mail de Léo, aussi bref qu'inattendu : il est de retour de Boston. Après l'échec de leur "premier et dernier rendez-vous", leur relation virtuelle avait pris fin de façon brutale, Léo a fui, pour épargner le mariage d'Emmi, pour préserver cette expérience intime et unique qui les bouleversait tous les deux. Que faire maintenant ? Emmi a repris le cours de sa vie avec Bernhard dans l'ignorance de sa part de responsabilités dans le départ de Léo... Quant à Léo, il a démarré une relation avec une certaine Pamela qui s'apprête à venir partager sa vie et son appartement. En rester là serait la plus sage des décisions... oui, mais... Emmi exprime un dernier voeu : se rencontrer enfin, juste une heure, se voir, se sentir, se toucher, juste une fois, une seule, offrir à leur histoire un "digne épilogue"...
Emportée par la septième vague ! Les répliques sont toujours aussi savoureuses, souvent jubilatoires même, et puis, la rencontre a enfin lieu, alléluia ! J'avoue que j'avais un peu peur de ce tournant dans leur histoire, de la nouvelle dimension que ça donnerait au récit, j'avais tort, c'est toujours aussi jouissif ! Le lecteur n'assiste en fait jamais vraiment à la rencontre, ce qui à mon sens est fort bien vu ! Le roman n'étant toujours constitué que de mails, ce sont Emmi et Léo eux-mêmes qui en parlent finalement le mieux, après coup, déçus, heureux, frustrés ou comblés, plein de questions, de doutes, ou de certitudes d'ailleurs... Je n'aurais jamais pensé dire cela mais j'ai adoré Emmi dans ce tome, elle m'a bluffée ! De là à dire que Léo m'a déçue, non, c'est juste que finalement ici il ne tire plus vraiment les ficelles, Emmi mène la danse et ça lui va plutôt bien ! Léo reste fidèle à lui-même, touchant, émouvant, piquant, drôle et absolument adorable quand il est ivre ! Emmi sait enfin ce qu'elle veut et je lui tire mon chapeau ! Quant à la fin, le tout dernier chapitre est à mon sens de trop et m'a même un peu agacé, mais ce sera mon seul petit bémol...
Les avis hystériques de Stéphie, Leiloona, Fanny, Dasola, Pimprenelle, Clara, Cynthia, Antigone, Tamara, Keisha, Fashion, Cathulu, Cuné, Cécile, Bladelor...
Premières phrases :
"Trois semaines plus tard
Objet : Bonjour.
Bonjour.
Dix secondes plus tard
REP :
ATTENTION. ADRESSE MAIL MODIFIEE. LE DESTINATAIRE NE PEUT PLUS REGARDER CETTE BOITE. LES NOUVEAUX MESSAGES SERONT AUTOMATIQUEMENT EFFACES. LE MANAGER DU SYSTEME EST A VOTRE DISPOSITION POUR PLUS D'INFORMATIONS."
Au hasard des pages :
"Sept heures plus tard
Objet : Cher journal
Bonsoir Emmi, tu dois déjà dormir. Il est deux ou trois heures je pense. En ce moment, je ne bois pas du tout d'alcool, donc je ne le tiens pas. Ce n'est que mon troisième verre, et je vois déjà flou. D'accord, c'est un gros verre, je l'admets. Le vin a 13,5% d'alcool, c'est écrit sur l'étiquette, ils sont déjà dans ma tête, les autres soixante ou soixante-dix pour-cent sont restés dans la bouteille. Je les bois, il n'y a plus d'alcool dedans. Tout dans ma tête. Mais c'est déjà la deuxième bouteille je l'admets.
Chère Emmi, il faut que je t'avoue quelque chose, tu es la seule femme à qui j'écris, à qui j'écris comme cela, comme je suis, comme j'en ai envie. Tu es mon journal, mais tu ne te tiens pas tranquille comme un journal. Tu n'as pas cette patience. Tu te mêles de tout, tu ripostes, tu me contredis, tu me troubles. Tu es un journal avec un visage, un corps et une stature. Tu crois que je ne te vois pas, tu crois que je ne sens pas ta présence. Erreur. Erreur. Quelle erreur. Quand je t'écris, je t'attire tout près de moi. Cela a toujours été ainsi. Et depuis que je te connais "personnellement", tu le sais, depuis que nous nous sommes assis l'un en face de l'autre, depuis, heureusement, personne n'a pris mon pouls, depuis..., je ne te l'ai jamais dit, je ne voulais pas te le dire, à quoi bon ?" (p. 152-153)
Éditions Grasset (Avril 2011)
352 p.