Merci Calepin !
Bon, ce n'est sûrement pas la première fois
que vous voyez passer un avis sur ce roman, d'ailleurs, vous l'avez sûrement déjà lu... Croyez le si vous voulez mais non seulement c'est mon premier Foenkinos (unbelievable !) mais je suis
quasi sûre de n'avoir jamais entendu parler de cet auteur avant, et non, je n'habite pas au fin fond de l'Ouzbékistan, non, je ne vis pas recluse dans un couvent carmélite...
Je sais, c'est mal, mais au départ l'affreux bandeau barrant la couverture d'un "Le roman au 10 prix littéraires" a attiré mon attention, d'une part parce que ça me semblait énorme et que je ne voyais absolument pas de quels prix il pouvait s'agir (quelqu'un sait d'ailleurs ?), d'autre part parce que je n'en avais jamais entendu parler de ce bouquin (rapport à ma vie de nonne...) Ensuite, la curiosité m'a poussée à aller lire quelques avis ici et là, difficile après ça de ne pas se jeter dessus dès le début des vacances ! J'avais donc hâte, très hâte de lire ce roman, tout comme miss La sardine qui elle aussi l'avait en haut de sa PAL et, chose incroyable, ne connaissait pas non plus l'auteur (comme quoi on est au moins deux !) L'excuse parfaite pour en faire une lecture commune !
Tout commence un peu comme dans un conte de fée. Nathalie et François se rencontrent dans la rue, complètement par hasard. En la voyant pour la première fois, François ressent quelque chose de nouveau qu'il ne peut s'expliquer : sa démarche, sa grâce l'émeuvent à tel point qu'il ne peut s'empêcher de l'aborder, là, comme ça, sur le trottoir et de l'inviter à boire un café, chose qu'il ne se serait jamais crû capable de faire auparavant. Deux ans plus tard, les tourtereaux filent toujours le parfait amour, un amour sans nuages, un de ceux qu'on envie et qu'on admire, un amour qui débouche en toute "logique" sur un mariage. Le quotidien n'entache en rien leur bonheur, même si ce bonheur insolent peut parfois faire peur. Qu'importe, "il y avait encore dans chaque jour entre eux des traces de leur premier jour". Arrive ce dimanche fatidique, cinq ans plus tard. Un dimanche comme les autres où Nathalie lit un roman russe allongée sur le canapé une couverture jetée sur les jambes, un dimanche comme les autres où François part courir comme à son habitude, un dimanche où Nathalie ne sait pas qu'elle voit son mari pour la dernière fois. Sept ans de vie commune et plus rien, un accident stupide, le deuil, le vide. Le monde de Nathalie s'effondre, vivre devient insoutenable, mais malgré tout, la vie reprend ses droits. Nathalie se réfugie dans le travail et ne pense pas pouvoir aimer de nouveau, d'ailleurs elle n'y pense même pas. Mais la vie réserve parfois de drôles de surprises...
Complètement sous le charme ! Comment résister ? Dès les premières lignes, j'ai su que ce roman était fait pour moi : du style, une écriture inventive, du rythme, de l'humour, de la poésie, des personnages que l'on a l'impression de connaître depuis toujours et qu'on ne veut plus quitter ! C'est incontestable, Foenkinos a du talent, j'ai tout de suite été prise dans ses filets, il m'a fait sourire, il m'a étonnée, il m'a émue aussi. J'ai pour (mauvaise) habitude de corner les pages des livres que je lis quand un passage m'interpelle, pour me souvenir d'une phrase ou d'un passage précis. Autant vous dire que mon exemplaire de La délicatesse a été fort malmené...
Une chose est sûre : j'aime le style si particulier de cet auteur et je compte bien découvrir très vite ses autres romans ! On aime ou on déteste mais moi j'ai adoré toutes ces petites parenthèses qu'il distille ça et là : des notes de bas de pages fantaisistes au possible, des listes toutes plus farfelues les unes que les autres (j'adoooore les listes, je suis une fanatique des listes !!), des résultats sportifs, des pensées en tous genre, des définitions de dictionnaire (dont celle, incontournable et magnifique de la délicatesse), des recettes de cuisine, des paroles de chansons... Ces "digressions" sont de vraies bouffées d'oxygène et apportent un vrai plus au roman, un "petit je ne sais quoi" qu'on ne voit pas ailleurs.
Et puis il y a Markus et son fameux dossier 114... Ahhhh, Markus...! Markus m'a donné envie de lire des aphorismes de Cioran dans le RER, Markus m'a donné envie de piquer les Pez de mes enfants (si, si, ça existe encore, quand j'en ai vu en grande surface, j'ai fait des bonds, je suis dingue de ces distributeurs de bonbecs !), Markus m'a donné envie de marcher en talons hauts sur du parquet qui résonne, Markus m'a donné envie de fuir le quotidien pour aller jouer à cache-cache dans le jardin comme une petite fille. Vous allez aimer Markus ! Moi, j'ai a-do-ré Markus... Et je suis sûre que miss La sardine aussi est tombée amoureuse de Markus, pas vrai ?
Bon, qu'attendez-vous encore pour lire La délicatesse ? Ce serait dommage de passer à côté d'une lecture aussi plaisante et rafraîchissante, absolument parfaite pour chasser la morosité de ce "beau" mois de juillet !
Les avis enthousiastes de Stéphie, Théoma, Kali, Canel, Caroline, Cryssilda, Fashion, Karine, Miss Alfie, Val, Mango, Lucie, Moka, Pascale, Sandrine, Géraldine, Irrégulière, Fanny, MyaRosa, Dolly, Marion...
Ceux plus mitigés, voire carrément déçus de Amanda, Gambadou, Mirontaine, Delphine, Anne, Liliba, Yoshi73
Premières phrases : "Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les passages piétons. A vingt ans, elle envisageait l'avenir comme une promesse. Elle aimait rire, elle aimait lire. Deux occupations rarement simultanées puisqu'elle préférait les histoires tristes."
Au hasard des pages : "Il avait choisi un restaurant italien, non loin de chez elle. Elle était déjà bien gentille de dîner avec lui, alors il ne voulait pas lui faire traverser la ville. Comme il était en avance, il commanda deux vodkas au bistrot d'en face. Il espérait y puiser du courage, et un peu d'ivresse aussi. L'alcool ne fit aucun effet, et il alla s'installer dans le restaurant. C'est donc dans un état de parfaite lucidité qu'il découvrit Nathalie, ponctuelle. Il pensa aussitôt qu'il était heureux de ne pas être saoul. Il n'aurait pas voulu que l'ivresse saccage le plaisir de la voir apparaître. Elle avançait vers lui... elle était si belle... de cette beauté à mettre des points de suspension partout... Et puis, il pensa qu'il ne l'avait jamais vue le soir. Il était presque étonné qu'elle puisse exister à cette heure-ci. Il devait être du genre à penser que la beauté se range dans un boîte pendant la nuit. Il fallait croire que non, car elle était là, maintenant. Face à lui." (p. 102)
Éditions Gallimard (Janvier 2011)
Collection Folio
209 p.
Participation au challenge amoureux
Catégorie "Histoire d'amour qui finit bien"...